Notre belle famille

Mon coeur est au Pérou...mais aussi en France

Entre moi et le Pérou, c'est une longue histoire.

Une histoire qui a commencé depuis que je suis arrivée en France, j'avais 1 mois et demi.

 

Pendant toute mon enfance, mes parents ont essayé de m'interesser à ce pays: le mien. Je dois l'avouer, à cette époque, je m'y interessais plus pour leur faire plaisir que pour moi même...les déco péruviennes, les reportages sur le Perou, les musique de là bas...ca va 5 minutes mais bon...Je suis française, je suis leur fille, moi j'avais pas envie de voir que je venais d'aileurs.

 

A l'âge de l'adolescence, j'ai eu quelques attraits...Quand  je voyais des péruviens dans la rue (vous savez ceux qui font de la musique et qui vendent leur disque) je les regardais bizarrement. Je n'arrivais pas à croire que je venais du même pays qu'eux. Et puis ca n'allait pas plus loin. Des fois je parlais avec eux, et je reprenais ma route.

 

Mais à l'âge de 20 ans, quand j'ai eu ma petite Lisa, tout a changé. Le Pérou a pris une place énorme dans ma vie. Je ne vivais plus que pour ca.

Je me rappelle d'un soir, je rentrais de la fac et je passais toujours par chatelet les halles. J'étais dans un couloir quand soudain j'ai entendu de la flûte de pan, c'était El condor pasa, une musique traditionnelle de là bas. Je me suis arrêtée net et j'ai cherché d'où ca venait. Je suis arrivée devant un groupe de musiciens sud américains. J'étais en train de basculer, ma vie était en train de basculer...Tout ce qu'il y avait à l'intérieur de moi se réveillait, après avoir dormi 20 ans durant...toutes mes racines frémissaient en moi et mon coeur battait harmonieusement au son de la mélodie.

 

Voilà, à ce moment là, j'ai su que plus rien ne serait comme avant.

 

Et effectivement, toute ma vie a changé.

 

Il m'a fallut 11 mois exactement à partir de ce jour là, pour décider de tout quitter. Le père de ma fille, ma campagne, mes études....Le papa de Lisa a cru que je le quittais pour un autre: il avait raison, je le quittais pour le Pérou. Parce que j'allais commencer un grand voyage.

 

Pendant quatre ans, je me suis nourrie exclusivement de la culture péruvienne. J'ai appris l'espanol en quelques mois, j'ai appris a danser la salsa, j'ai appris a cuisiner des plats typiques...Je faisais tout pour ressembler à une vraie péruvienne.

 

Malheureusement, quelquefois, la réalité me rappelait que ce n'était pas le cas...Dans le monde latino, à Paris (où je vivais), on me regardait bizarrement: j'étais une étrangère à leur yeux. J'étais tout simplement française....Des fois, j'aurai voulu tout oublier de la France, pour être comme eux. Mais hélas, c'était impossible.

 

Je rejettais de plus en plus, tout ce qui venait de la France. J'aimais ma famille, mais je passais moins de temps avec eux. A cette époque, je préférais largement passer une soirée avec mes potes latinos que déjeuner avec ma famille...où j'avais l'impression de m'ennuyer.

 

Avec les latinos, c'est une autre vie: on parle fort, il y a toujours de la musique, de la salsa, de la cumbia, du merengue, on rigole fort, on ne parle pas du chômage, du prix de la vie ou bien du trou de la sécu, mais on se raconte plutôt les derniers potins entre filles!! Les latinos sont très comères! Dans les familles, les femmes sont d'un côté, entre elles, elles s'occupent de faire à manger ou de donner le sein au pti dernier, et les hommes parle foot avec une bière à la main...Et puis ensuite on se réunit, on mange bien et on se met ensuite à danser, on fait la fête.. l'ambiance est tellement chaleureuse: Là, je me reconnaissais...

 

Pour aller encore plus loin, j'ai même épouser un péruvien...et sa culture en même temps....

 

Les mois ont passé, et ma vision des choses à changer...J'aimais incontestablement le Pérou, mais j'étais en train d'atterir, mon voyage était sur le point de se terminer. La France me manquait, ma culture, mes amis, ma famille...la musique que j'écoutais avant. Et puis, mon mari à cette époque aurait voulu que je devienne une vraie péruvienne: les fêtes c'est bien, mais au Pérou, les femmes sont souvent soumises a leurs maris, elles font tout le temps la cuisine (et moi, en règle générale je déteste faire la cuisine!!), et acceptent toutes les bêtises de leurs hommes....très peu pour moi. Moi qui suis plutôt indépendante, libre, ouverte...je ne pouvais plus cohabiter avec une culture où on oublie parfois le respect des femmes....Et où la parité homme/femme n'existe pas.

 

Alors j'ai de nouveau tout quitté: pour la France cette fois!

 

J'ai repris ma vie française, j'ai divorcé, j'ai coupé les ponts quelques temps avec le monde latino, et surtout...j'ai rencontré Kévin.

 

Il m'a accepté telle que je suis: un physique sud américian, de culture française, avec un coeur péruvien.

 

Je ne regrette rien de ce voyage, au contraire. Il m'a permis de comprendre qu'on peut difficilement renoncer à la culture que nos parents ,qui nous ont élevé, nous ont transmis. Même pour notre culture d'origine. Tout ce qu'on a vécu ici est imprégné en nous. On n'y peut rien, cest comme ca...



Article ajouté le 2008-06-10 , consulté 170 fois

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